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  • Madame M

A toi, à mon premier Amour

Avant toute ma carrière de Lindy Hoppers :)


Après avoir écrit cet article, je me rends compte qu’il n’est pas très joyeux, et ce n’est pas le but, mais il me semble important de partager mon parcours dans sa globalité. Toutes les étapes sont "importantes". Je ne nomme pas mes anciens partenaires, car se serait leur donner une valeur et une place qu'ils n'ont pas. Je suis ravie d’échanger avec vous, toujours dans la bienveillance.


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Grâce à toi, j’ai pu découvrir tant de la vie, dans tous ces aspects, dans toute sa lumière et toute sa noirceur. J’ai pu apprendre, donner, recevoir, partager, aimer, détester, me sentir vivante, me sentir belle, aimée, reconnaissante, inspirante, fragile, vulnérable, forte, déterminée, motivée à voir toujours plus grand, plus loin et j’ai aussi découvert tout son contraire, qui n’est pas mal en soi, car c’est le chemin de la vie, me sentir nulle, inutile, faible, sale et j’en passe. Tu m’as permis de voir la vie telle qu’elle est : complexe, avec des très hauts et des très très bas.

Je parle bien entendu de la Danse, c’est l’Art qui brille en nous tous, cette liberté qui sommeil au fin fond de nous, de ce point où l’on ne sent plus rien et en même temps absolument tout. Le pouvoir de cette pleine conscience sans même nous en rendre compte. De ce temps suspendu, souvent incompris, Inatteniable, et pourtant bel et bien existant (présent). Cet Art qui nous permet d’être Nous, sans artifice, sans préjuger... C’est un Art Noble qui provoque tellement de choses grâce à son pouvoir et à sa magie.


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J’ai commencé la Danse très jeune. J’ai toujours été attirée par la lumière, par l’attention et l’intention de ce qu’elle provoque, bon et les paillettes aussi, mais je pense que ma mère y est pour quelque chose 😄

Je voulais être Présidente quand j’étais petite pour que tout le monde puisse mettre des paillettes. Haha Maintenant j’ai une passion pour le mat…

A mes 5 ans, j’ai essayé un cours de modern jazz dans une association de mon village, si je ne dis pas de bêtises, je me souviens de la barre d’échauffement (qui ressemblait à toutes les barres d’échauffements « classiques ») mais déjà je ressentais cette pression, cette tension, de la compétition stagnante dans la salle, qui est souvent inavouée, mais que l’on ressent car elle flotte et pèse dans les cours de danses « classiques ». Je n’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs... enfin si, mais déjà à cet âge ? Pour les enfants ?

Pour un spectacle de fin d’année, nous étions déguisés en petit cochon... Certes ça devait être très mignon, mais à cet âge, j’avais, je pense, déjà développer le respect que j’ai pour la danse et me sentir autant « ridicule » me déplaisait fortement surtout qu’apparemment, j’ai déclenché un fou rire général, parce que j’étais la seule à être capable de reproduire les mouvements et à m’être souvenue de la chorégraphie. Je ne connais pas le nom de ce mouvement mais Joséphine Baker le fait très très bien.

Ma mère m’a donc changé d’association et je me suis retrouvée dans une école de danse dans laquelle j’ai passé toute mon enfance jusqu’à mes 17 ans. J’ai commencé par le cours d’éveil, mais faire des pas chassé sur des musiques « mignonnes » pendant 45 min m’avait déçu. Ahah moi, un fort caractère ? Noooon pas du tout 🙃🙃

Ma prof, Agnès, qui m’a tellement appris et je suis vraiment reconnaissante de l’avoir rencontré, a tout de suite repérée, que j’avais des facilités et qu’il fallait m’en donner plus. J’ai alors commencé le classique et le modern jazz que j’ai pratiqué pendant 12 ans, dès le départ, je me suis retrouvée avec les adolescentes et les jeunes adultes malgré mon jeune âge. J’ai du apprendre rapidement à me tenir comme une grande pour ne pas « déranger » mais de toutes façons, j’allais à la danse pour danser et pas pour me faire des copines. Demandant toujours plus, j’ai commencé les danses de couples, vers 8 ans. J’ai commencé avec du Rock et du rock acrobatique. Bon j’avais horreur des acrobaties parce que j’ai le vertige, j’ai toujours eu des migraines pas possible dès que j’avais la tête en bas, probablement à cause de la méningite. Bref c’était pas mon truc, mais ça me permettait de danser. J’avais une prof de danses, qui nous apprenait à découvrir toutes les danses, en faisant intervenir des profs de tout horizons. J’avais la chance de pouvoir participer à la plupart des stages. Je faisais partie du groupe des démonstrations. J’adorais les costumes (à paillettes, tu penses) et le maquillage, les coiffures et la préparation, je suis toujours à fond la dedans. Les shows me manquent terriblement. J’ai toujours aimé le moment du show. J’ai toujours pris ça comme « mon temps ». C’était vraiment le résultat, la carotte, de toutes ces heures d’entraînements. J’étais stressée au début, j’avais le tract dans les coulisses, mais une fois sur scène, que ce soit au théâtre Beaulieu à Annecy ou à la foire aux boudins, j’étais prête et déterminée à envoyer la patate avec le sourire !! D’ailleurs petit conseil, pendant vos entraînements, n’oubliez pas de sourire, comme ça le jour J, pas besoin d’y penser. Même si aujourd’hui, je trouve ça particulier de devoir sourire même quand on en a pas envie.

Mon caractère et mon éducation, m’ont toujours poussé à faire mieux, que ce n’était jamais assez bien, pas seulement en danse, et j’ai encore cette mentalité là. J’y travaille, notamment en partageant sur ce blog, mais ça reste quand même ancré au fond de moi. Malgré les apparences, j’ai toujours été et je suis toujours très timide dès qu’il s’agit de parler de moi. Je suis toujours émerveillée et facilement impressionnable, dans ma tête tout le monde est mieux, alors pourquoi parler de moi. J’apprends à être et à assumer ma différence. Je m’éloigne.

J’étais la plus heureuse avant chaque performance, et même après :-) sauf en grandissant et en rencontrant des gens mauvais et malhonnêtes. Ce qui a commencé à détruire mon innocence et la vision que j’avais de moi.


La semaine je faisais du classique et du modern jazz/contemporain et dès le vendredi soir c’étaient les danses de couples. Je servais souvent de modèle pendant les cours. J'étais fière. Je ne voulais pas décevoir mes professeurs.

A la suite du déménagement d’un de mes premiers partenaires de danses, j’ai due en trouver un nouveau. Je m’en rappelle, nous étions des enfants. Lorsque que j’avais 11 ans, un jeune homme est arrivé au cours avec sa cousine. Mais elle n’a pas continué, lui en revanche oui. Notre professeur nous a alors mis en compétition pour qu’il puisse choisir avec laquelle de nous il voulait danser... Ca pue le patriacart, la misogynie... Je pense que cela a conforté mon esprit de compétition à être la meilleure.

Attention, je suis très compétitive quand il faut l’être, par contre dès que la musique s’arrête, je ne le suis plus. Dans une team, j’aime instaurer cet esprit compétitif, pour faire élever le niveau de chacun, mais toujours dans l’optique de la danse. Je pense que la compétition peut vite devenir malsaine et j’en ai toujours eu conscience. Malheureusement en tant que Femmes, nous sommes baignées dès notre plus jeune âge dans cette compétition entre nous, j’en ai beaucoup souffert étant petite et j’ai toujours vécu dedans sans jamais comprendre pourquoi les autres étaient méchantes gratuitement avec moi.

J’ai donc été choisi par ce nouveau partenaire et nous le sommes resté jusqu’à mes 24 ans. Cadeau empoisonné. Je m’imaginais une carrière dans la danse et un avenir sain, rempli de paillettes, de découverte et de danses. Alors d’un côté, c’est ce qui c’est passé :-), je n’en serai pas là aujourd’hui, même si je pense que je ne le dois qu’à ma force de caractère et ma determination, de l’autre côté, je ne savais pas que ça impliquait toute cette part d’ombres : manipulations, mensonges, trahisons. blessures, harcèlements, viols... : La VIE en fait ! Je pense que ça m’a fait perdre en partie, ma passion pour la danse, car je pensais que c’était Elle qui était responsable de toutes ses horreurs.

J’étais jeune et il était plus âgé que moi. Il voulait faire toutes les danses, je pensais qu’on avait du coup le même but : apprendre pour devenir meilleur et ensuite pouvoir le partager. J’ai toujours gardé ça en tête. Lui voulait être le meilleur ou avec les meilleurs, pour la reconnaissance ou autres… Je n’ai jamais été dans cette optique là. J’ai toujours voulu vivre de ma passion, être danseuse, pouvoir partager, apprendre, découvrir, aller plus loin dans les sensations et l’esthétique. J’ai toujours voulu être remarquée pour ma danse, en tant que danseuse, mais pas en tant qu’être humain. Je pense que c’est sur ce détail (immense) que les points de vues divergent dans notre société actuelle, que ça soit pour de la danse ou pour n’importe quel sujet impliquant les femmes.

J’ai donc fait des stages de rock’n roll acrobatique, notamment à Lyon avec les champions du monde de l’époque. Ce n’était pas mon idée, haha, je rappelle que j’ai le vertige et horreur des accros. J’avais une peur monstrueuse. Avec le recul je réalise, que j’ai toujours suivi, je n’ai jamais réellement choisi la plupart des stages, les danses apprises. Je suivais bêtement mon partenaire, parce que je pensais que c’était juste, que c’était bien pour « nous », mais c’était surtout pour lui tout ça. Je lui servais de poupée danseuse…

Petite anecdote.

Les russes étaient novateurs et excellents dans la danse acrobatique (comme dans la plupart des danses), avec un prénom à consonance Russe et allant à un stage de rock acrobatique, les champions (du monde) et l’école pensaient qu’une excellente danseuse russe allait participer au stage, du coup ils étaient « stressés ». Ils se sont vite rendus compte qu’au moment de l’échauffement, la supposée star russe, crainte et attendue, hurlait comme pas possible en arrachant les oreilles de son partenaire pour qu’il l’a fasse redescendre, que je n’étais pas là Tatiana en question.


Tous les week-ends, j’étais entre Lyon et Lausanne, à apprendre des nouvelles danses. De la chorégraphie de Dirty Dancing, aux différentes salsa, batchata, et même le disco fox !! J’étais à fond !! Longue vie au Disco ! À côté de ça, je continuais le classique et le jazz. Je passais mes samedis soir au Macumba ou autre club qui organisait des soirées dansantes. Je rentrais facilement en boîte de nuit même si j’avais 12 ans parce que j’ai été formée rapidement et que pour la gente masculine cela fait une différence et c’est ce qui a aussi causé à ma perte. La seule règle que j’avais c’était : « surtout ne parles pas, sinon on va savoir que tu n’as pas l’âge ». Il fallait constamment que je comporte en adulte parce que j’étais constamment avec des grands parce que sinon j’allais être exclue... ha... ha. J’ai eu 16 ans pendant 4 ans et 18 ans les samedis soirs.

J’ai toujours détesté l’école car ça ne m’intéressait pas, enfin je trouvais ça génial d’être avec ses amies tous les jours de la semaine. Par contre j’avais soif d’apprendre la Danse. Je pouvais passer des heures à apprendre. Première de la classe pour ça.

Vers mes 13 ans, ma prof de rock nous a viré de son association car, on apprenait sans elle... J’ai vraiment du mal avec les humains !!! Ma mère et mon ancien partenaire on alors décidé de trouver une autre école pour que l’on puisse continuer à pratiquer. C’est à ce moment là, où l’on a découvert les danses latines et standards pendant une soirée dansante. (Samba, Chacha, Rumba, Paso Doble, Jive / Valse lente, Tango, Valse Viennoise, Slow Fox Trot, Quick Step). Et comment te dire que je suis tombée en amour, des talons, du bronzage, maquillage et des robes à strass de la dame et tout ce qu’elle dégageait : du pouvoir, du contrôle, de la maîtrise, de la sensualité... La semaine d’après, rendez vous à une « audition », pour savoir si l’on pouvait intégrer l’école.


Bingo !

Je commençais alors la danse sportive en compétition. A moi les chaussures à talons et les paillettes. Mais ça ne fonctionne pas comme ça haha. Pour les premières catégories (les débutants) les habits, tenues.... sont imposées !! Surprise !! Ce qui veut dire, chignon obligatoire et robebody en velours degueulasse pour les compétitions ! J’étais dégoûtée haha mais j’étais prête à gagner tous les points nécessaires pour avoir le « Graal ».





Pendant 3 ans, en plus du classique et du jazz, j’avais les entraînements, les cours de danses, stages et compétitions. C’était intense. J’ai gagné les compétitions françaises importantes de notre catégorie. J’étais prête pour ma nouvelle robe et je commençais déjà à regarder les maquillages et auto bronzants... quand mon partenaire à découvert le Lindy Hop...

Ma prof m’avait montré des vidéos à l’époque de Frankie Manning, de Bärble et Marcus, c’était en anglais, autant te dire que je ne comprenais rien, et la moustache du mec me faisait vraiment peur... haha

Et sur la vidéo ils faisaient le Shim Sham, et dans ma tête, je me suis dit : encore une vidéo de danse en ligne ? Hahaha !! Vive le madison et le chacha de J-Lo !! J’étais jeune. J’avais eu un mini stage de lindy hop avec des grenoblois qui étaient venus dans notre MJC de campagne et de temps en temps un couple qui enseignait, mais qui n’étaient jamais d’accord sur les comptes. Ça m’amusait.

Du coup, j’ai redécouvert le lindy hop sur un dvd des championnats du monde de rock acrobatique et de boogie-woogie. Et je me suis dit, mais mon dieu, c’est horrible. Ils sont habillés comme des vieux et ils dansent sur de la musique de Disney... Adolescence bonjour :-D On était loin des danses latines et standards, mais monsieur avait décidé de se mettre au Swing, on a donc arrêté les danses sportives… pourtant si prêt du but… !!

Une à 2 fois par mois, je loupais l’école (YES) pour aller à Lyon, prendre des cours particuliers de Swing avec Christelle et Andy. J’adorais Christelle, elle était tellement gentille avec moi et on a commencé à les suivre pour apprendre cette nouvelle danse. J’ai pu participer à quelques stages dont un en Belgique, le Swingin in the rain, avec Angela Andrew <3, Kevin St Laurent, Joanna & Henric… J’ai retrouvé Angela une autre fois à Paris pour les anciens Paris Jazz Roots Festival… Je pense que le stage qui a été un tournant de ma vie à été le mi-ninjammerz à Grenoble en 2009. C’est la première fois que je rencontrais Annie Trudeau et Alice Mei et leurs connards de partenaires. C’est d’ailleurs à cet évènement qu’Alice m’a dit que je dansais comme « Laura Glaess », du coup j’ai pu aller chercher son nom sur internet pour voir, j’étais super fière. En écrivant ce post, je suis allée chercher la vidéo du jack and jill du weekend, et j’ai rigolé. C’était pas super sympa pour Laura haha.



L’été 2009, mon partenaire tout fier, m’annonce, qu’il allait partir vivre sur Montpellier, parce que certains des membres des Ninjammerz habitaient là-bas. Il m’a dit : soit tu viens avec moi, soit je pars tout seul. LOL comme disent les jeunes. Je n’avais que 16 ans, Il me restait un an pour terminer ma deuxième année de BEP Comptabilité. Il est donc partit tout seul à Montpellier. Je me suis remise à fond dans la danse solo (classique/jazz…). J’aidais et je participais à tous les cours possibles de l’école de danse, et les weekends étaient devenus des weekends normaux d’adolescentes. Je ne connaissais pas vraiment ça. Les gens parlaient d’autres choses que de la Danse. Mais je me sentais complètement décalée par rapport aux jeunes de mon âge. Je ne me suis jamais sentie à ma place, que ça soit dans le monde des adultes, ou avec les personnes de mon âge. Ce qui, à ce jour, me parait complètement normal.

Je faisais des aller-retours dès que j’en avais la possibilité pour aller à Montpellier, voir mon partenaire qui était devenu aussi mon « copain ». Oui copain est entre guillemet, histoire bien trop longue et pas gaie du tout à raconter et je ne suis pas sure que le détournement de mineur intéresse grand monde… J’estime également, que lorsque l’on à 12 ans, on ne choisit pas non plus, mais j’étais malgré tout, attaché à lui. C’était tellement malsain…. !!! Bref :) Je venais pour passer du temps avec lui et je me retrouvais à m’entrainer encore et toujours… Alors que je m’entrainais tous les soirs de la semaine… Nous n’avions plus les mêmes objectifs.

J’ai toujours eu du mal à m’entraîner sans la présence de professeur, car je ne voulais pas apprendre en me trompant. Je voulais toujours faire juste dès le début et avoir la possibilité d’être corrigée.

Mes parents m’ont demandé de terminer l’année de mon BEP avant d’aller vivre à Montpellier, l’été 2010, j’ai pu alors aller à Montpellier, avec pour projet d’avoir mon Bac. Je m’étais inscrite au GRETA, pour pouvoir continuer mes études et travailler à coté… Je me suis retrouvée alors à enseigner tous les vendredis soirs à l’Apollo Jazz Café, à faire Leaders, et à enseigner sur quelques ateliers. Je n’étais pas du tout à l’aise. Je ne savais pas m’exprimer publiquement, je n’étais pas sure des pas, des comptes et de tout cela, car pour moi, je n’étais pas prête, pas formée à l’enseignement. Je savais danser (pas convenablement le Lindy hop) certes, mais il y a une énorme différence entre savoir danser et savoir enseigner. C’est un métier différent. Beaucoup de gens m’ont dit « les bons danseurs ne sont pas pédagogues, et inversement ». Je pensais que c’était vrai, mais cela n’empêche pas d’être excellent dans plusieurs domaines ;)

Pour ma part, dès que j’essayais de donner une explication aux élèves, j’avais le droit devant tout le monde à : « donc ce qu’elle a voulu dire… » c’était dégradant, je le prenais bien sur pour moi, dans ce cercle vicieux de tenter d’être irréprochable et parfaite. Surtout que je n’avais rien demandé. Je pensais qu’en venant sur Montpellier, j’allais apprendre et être formée, ça n’a pas été le cas. Je n’ai pas eu la « chance » d’être formée.

La suite de l’histoire est beaucoup moins sympa, et beaucoup plus délicate à raconter. Je travaille encore dessus pour pouvoir vous la partager.


/Madame M.

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